Les aménagements de peines ne joueront pas significativement sur la surpopulation carcérale.
Seule une articulation entre le rythme des entrées en prison et celui des sorties serait à même de changer la situation de surpopulation en prison. Ceci suppose un regard sur la politique d’incarcération, et pose la question du numerus clausus (système : une place, un détenu).
De la même façon la loi ne changera pas totalement le regard de la société sur les détenus.
Je pense notamment à la stigmatisation des délinquants sexuels qui sont aujourd’hui l’une des grandes figures du “mal” dans notre société. Cette stigmatisation leur interdit en pratique les libérations conditionnelles. Alors que l’écrasante majorité des délinquants sexuels ont sévis dans un contexte familial avec peu de risque de récidive.
L’opinion, les médias, les politiques, sont focalisés sur l’image du prédateur qui frappe au hasard.
Concernant précisément les aménagements de peines en cours d’exécution d’une incarcération, il faut des moyens. Éducateurs, contrôleurs, etc. Il faut renforcer également la prise en charge psychiatrique.
Mais ces moyens nécessitent de penser ce qui se passe après la sortie de prison.
Il faut regarder les choses en face, dans leur réalité. Il faut accepter qu’en plus du travail social et du soin. il y ait un contrôle de type policier. La psychiatrie doit aussi se poser la question de la contrainte.
Pour renforcer le droit à la réinsertion des détenus ET le droit à la sécurité de la société, nous devons revoir profondément notre politique carcérale, et notamment la politique des aménagements de peines, en les généralisant, mais en nous donnant également les moyens d’un réel contrôle social.